Mardi 27 novembre 2007
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2007
00:28
De Christopher Nolan, avec Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, Michael Caine... (2h08)
Brièvement, « Le Prestige » est l’histoire de deux magiciens entre lesquels va naître un esprit de compétition, qui tournera vite à une rivalité impitoyable et dangereuse et qui les
poussera tous deux à être prêts à tout pour dépasser l’autre.
Après un Batman Begins quelque peu décevant, Christopher Nolan revient avec un nouveau film plutôt génial, son meilleur depuis « Memento ». « Le prestige » est un film de
magiciens qui se présente comme un tour de magie lui même. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est prévenu : Si la magie existe et fonctionne, c’est parce que ce dernier a envie d’être
bluffé. Malgré cette mise en garde et les différents rappels et éléments présents tout au long du film, la magie du film opère et on y croit (et on se fait berner) jusqu’à la dernière minute.
Le scénario est très bien ficelé et machiavélique : De multiples rebondissements et retournements de situation viennent sans cesse faire s’effondrer ce que l’on croyait établi (le twist
final, impressionant, pourrait faire que l'on range "Le Prestige" à côté de Usual Suspects et Sixième sens !). Les nombreux aller-retours dans le temps ajoutent à notre déroute, mais sans jamais
nous perdre, tout cela ayant plutôt pour effet d’aiguiser notre attention et de maintenir notre intérêt à voir la suite du film. Tout comme les personnages, les spectateurs sont manipulés par
Nolan, mais ce dernier ne les prend jamais pour des imbéciles.
En plus d’une intrigue très bien imaginée, le film est une parabole sur l’ambition et la quête insatiable de pouvoir : Nolan met en scène deux personnages torturés, ambigus et obsessionnels, qui,
dans leur avidité sans limite, franchiront un point de non-retour et seront à partir de là condamnés à perdre tout ce qui ne se rapporte pas directement à cette quête. Ces deux magiciens
sont d’ailleurs très bien interprétés par Hugh Jackman et Christian Bale (mon préféré des deux !) qui insufflent justesse et crédibilité à leur personnage. Notons aussi la présence de Scarlett
Johansson (qui s’est également retrouvé avec Hugh Jackman dans le « Scoop » de Woody Allen) et de Michael Caine (qui lui a déjà joué aux côtés de Christian Bale dans le précédent film
de Christopher Nolan, « Batman Begins ») qui nous offrent une prestation plus qu’honorable.
Au final, « Le prestige » est un film brillant, original, qui vous tiendra en haleine 2 heures durant, et dont vous sortirez totalement bluffés : Abracadabra !!!
Par Cinefeel
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Mardi 20 novembre 2007
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2007
12:58
De Paul Thomas Anderson, avec Tom Cruise, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy... (3h00)
Le film de P.T. Anderson est un film choral à travers
lequel on est amené à suivre le destin de 9 protagonistes. Je parle de destin car c'est un des thèmes principaux du film : dès la première
scène, différents faits divers racontés en voix-off nous montre que la vie n'est pas faite que de simples coïncidences, que certains
évènements ne peuvent être que l'oeuvre du destin.
Au fur et à mesure du film, les différents liens entre les personnages se font et nous donnent à voir un magnifique patchwork plein de douleur, de souffrance, mais aussi d'espoir, le tout empreint d'une déchirante humanité. Le
risque que la multiplicité des personnages suivis leur fasse perdre en contrepartie de la profondeur et de l'épaisseur, est ici parfaitement évité : Aucun protagoniste n'est mis de côté, et tous
bénéficient d'une personnalité, d'une psychologie assez détaillée et intéressante pour les rendre attachants et touchants.
Tom Cruise, malgré tout ce qu'on pourrait lui reprocher ces derniers temps, nous prouve ici qu'il est un grand acteur : J'ai été tout
simplement bouleversé par la scène où il se retrouve au chevet de son père mourant, débordant de haine et pourtant tellement affecté par ce qui est en train de lui arriver.
Si ce film est en général si émouvant et touchant,
c'est par son approche humaine et réaliste de thèmes comme la rédemption, la culpabilité, l'amour ou encore la mort, et par son casting parfait (Tom Cruise et Julianne Moore en tête
!).
Les films comme celui-ci sont rares, mais "ce sont des choses qui arrivent" (vous comprendrez en voyant la fin du film !)
Par Cinefeel
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Lundi 12 novembre 2007
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2007
10:59
De Wolfgang Petersen, avec Barret Oliver, Noah Hathaway, Moses Gunn... (1h35)
Vu dans mon enfance, ce film ne m'avait pas laissé un grand souvenir, mais c'est avec plaisir que je l'ai revu ! Son pouvoir d'émerveillement est certes moins fort quand on est plus vieux (car
cela reste quand même un film pour enfants), ce qui pour autant n'empêche pas à "L'histoire sans fin" d'être agréable et au fond pas si bête.
Le monde magique et imaginaire de Fantasia qui s'apprête à disparaître face au Néant n'est autre que la métaphore du monde réel dans lequel les gens perdent de plus en plus espoir, et
ne rêvent plus, ne s'évadent plus par l'imaginaire. Si vous n'êtes pas de ceux là et que vous avez su garder votre âme d'enfant, ce film est pour vous !
Une autre idée que j'ai vraiment trouvée sympa est d'avoir interpellé le spectateur sur le fait que, tout comme les aventures d'Atreyu (le jeune guerrier missioné de sauver le monde de Fantasia
dans le livre) étaient vécues par Bastien, l'histoire de Bastien était vécue par d'autres personnes : Nous les spectateurs ! Et nous, notre histoire serait-elle également suivie par des
spectateurs dont nous pourrions ignorer l'existence ?
Même si le film a pas mal vieilli (notamment au niveau des effets spéciaux), il a su garder un certain charme : J'ai particulièrement aimé revoir Falco, le dragon porte bonheur, si bien
animé qu'on le trouve forcément mignon ! (Je n'ai pas pu m'empêcher de penser au personnage de Haku dans "Le voyage de Chihiro" que j'adore également !)
Un vrai regret : j'ai dû me contenter de la version française, la VO ne comprenant que les sous-titres hollandais..
Un moment de détente (et de nostalgie pour ceux qui l'auraient vu enfants) qui ne se refuse pas !
Par Cinefeel
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Dimanche 11 novembre 2007
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2007
01:13
de Jaume Balaguero, avec Calista Flockhart, Richard Roxburgh, Elena Anaya... (1h40)
C’est la deuxième fois que je vois ce film, et c’est avec grand plaisir que je me suis rendu compte que la deuxième fois… c’était encore mieux ! Pourquoi mieux ? Parce que, connaissant l'intrigue
et sa résolution, mon attention a pu se détacher du suspense omniprésent pour découvrir totalement la beauté et la sensibilité de l'oeuvre. Que c'est bon de se rendre compte que certains films ne
sont pas entièrement "consommés" dès le premier visionnage ! Il fallait donc que je poste un article dessus, dans l’espoir qu’un jour vous aussi vous découvriez ce petit bijou du fantastique.
Présentation…
Ce film est le troisième du réalisateur espagnol Jaume Balaguero (dont le prochain film [Rec.] sortira début 2008, film sur lequel j’ai déjà posté un article) et est à mon goût son meilleur film,
bien qu’étant le moins effrayant. Vous allez me dire, si c’est un film fantastique/horreur et que c’est le moins effrayant, comment peut-il être le meilleur, le but de ce genre de film étant
avant tout de nous faire frissonner ? Eh bien il le peut car M. Balaguero est un excellent réalisateur et scénariste : il mêle dans ce film le suspense, la peur, le drame, et le fantastique à la
perfection. On aurait pu s‘attendre à ce que les personnages et leurs relations ne soient qu’un prétexte, une sorte de cadre dans lequel allaient pouvoir s’installer le fantastique et la peur…et
bien non ! Ici tout semble juste, cohérent, vrai, et de ce fait cette histoire de fantôme, tout en procurant les frissons provoqués par des films comme « The Ring », m’a ému comme
jamais un film de ce style ne l’avait fait.
Ce film parle d’amour et d’attachement de manière très belle (une scène magnifique : celle du baiser, mais je n’en dis pas plus, vous la découvrirez par vous même…), de souffrance également,
notamment celle liée à la perte d’un être cher. Jaume Balaguero nous donne sa vision de la mort et de l’au delà, vision des plus personnelles puisque il dédie son film à un proche qu‘il aurait
perdu, le film s‘achevant sur cette phrase : « à Madeleine, qui n’est jamais vraiment partie ».
Certes un très bon film fantastique (il a d’ailleurs été récompensé
du prix du Jury au Festival de Gérardmer en 2006), mais tellement plus que cela ! Et dire que les distributeurs se sont contentés d’une sortie en vidéo et qu’il n’a même pas profité d’une sortie
sur les écrans français… Mais j’oubliais qu’ici on préférait maintenir 8 mois à l’affiche « Les choristes »…
Par Cinefeel
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Dimanche 11 novembre 2007
7
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2007
00:04
de Clint Eastwood, avec Ken Watanabe, Shido Nakamura... (2h19)
Un film de guerre de plus… non non vous vous trompez ! Le dernier film de Clint Eastwood est beaucoup plus que cela ! Par où commencer ? Déjà par dire que Lettres d’Iwo Jima et le deuxième film
du réalisateur sur la bataille d’Iwo Jima, bataille qui s‘est déroulée dans le Pacifique en 1945, opposant les américains et les japonais. Son film précédent, « La mémoire de nos
pères » relate cette même bataille mais vécue du point de vue américain. Ici c’est celui des japonais qui est mis en image : D’emblée je dis chapeau ! Malgré tout l’investissement que peut
représenter la réalisation d’un film, M. Eastwood n’a pas baissé les bras et nous a livré un diptyque pour « remplir la mission » dont il s’était investi : approcher au plus près de la
réalité de la guerre, et plus encore remplir le devoir de mémoire, de témoignage de ses deux pays sur cette bataille. Je n’ai malheureusement pas encore vu « Mémoires de nos
pères » ( Cdiscount, des promos s’il te plaît !) mais je peux dire que « Lettres d’Iwo Jima » est une réussite totale. Parlons du film lui même…
Pourquoi n’est-ce pas un banal film de guerre de plus ? Parce qu’ici il n’y a plus vraiment de « bons » ou de « méchants », d’américains ou de japonais, seulement des hommes
faisant face à leur tragique destin, tentant de survivre dans l’horreur de la guerre, ou du moins essayant de donner un sens à leur mort quasi inévitable. Ce n’est pas un film de guerre sur la
guerre mais sur les hommes, et sur l’universalité de leur humanité. C’est sur les personnages que le réalisateur porte toute son attention, sur ce que la guerre représente pour eux, toute cette
symbolique se retrouvant dans ces fameuses « lettres » d’Iwo Jima (le film s’ouvre et se ferme d’ailleurs sur la scène ou les archéologues japonais retrouvent ces lettres). Ces lettres
sont leur histoire, leur vie, et Clint Eastwood rend hommage à tous ces soldats par son approche on ne peut plus humaine.
Ce que j’ai aussi trouvé remarquable dans ce film est que Clint l’a réalisé comme s’il était un réalisateur japonais, dans le sens où il a su capter pour moi les mœurs, les attitudes, la
sensibilité de tout un peuple, en le retranscrivant de manière juste et respectable, comme s’il faisait lui même partie de cette culture. Il l’a d’autant mieux rendu à l’écran qu’il s’est entouré
du casting entièrement japonais, assez grand défi puisqu’il ne pratique pas du tout la langue. Ce casting est d’ailleurs excellent, mention toute particulière à Ken Watanabe, que j’avais déjà vu
dans « Le dernier samouraï » (exemple de film où, bien que l’action se déroule au Japon, on voit tout de suite que le réalisateur est américain, n’évitant pas certains clichés et ne se
détachant pas des tics américains de mise en scène), génial dans le rôle du général Kuribayashi. Et ce n’est pas un hasard qu’en règle générale le casting soit si bon, la plupart des acteurs
s’étant réellement sentis impliqués dans ce projet à la mémoire des soldats morts dans cette bataille, une page de l’Histoire de leur pays longtemps passée sous silence.
Le fait qu’il dénonce l’horreur et l’absurdité de la guerre n'empêche pas à « Lettres d’Iwo Jima » d'être un très beau film qui marquera d’une pierre blanche la filmographie de Clint
Eastwood en tant que réalisateur.
Par Cinefeel
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